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L’actualité foisonne de situations perçues comme à risques et le sentiment général est qu’il faut se préparer à un avenir soumis à des aléas. Le monde agricole est soumis à une incertitude croissante portant sur les prix (tensions fortes sur les marchés de produits et d’intrants), sur l’évolution du climat (plus grande occurrence d’épisodes extrêmes), sur les changements de politiques économiques (entre les règles de l’OMC, le caractère stratégique du maintien d’une agriculture familiale et la pression alimentaire interne à chaque pays), et sur le comportement des consommateurs (crises de la vache folle…).
Tous les secteurs d’activités sont touchés par cette perception accrue de l’incertitude sur l’avenir, par la multiplication des sources d’aléas, et par la nécessité d’intégrer l’idée d’un environnement perturbé en permanence et de façon non totalement prévisible dans les logiques d’action individuelles et collectives. Mais le secteur de l’agriculture et de l’élevage est un domaine privilégié d’étude de l’action en situation d’incertitude, les pratiques de protection prennent aujourd’hui une coloration particulière dans un contexte de transition entre différents régimes de régulation agricole, économiques et sociaux.
Il est alors question :
C’est à une reproblématisation collective de la question de l’action en situation d’incertitude en agriculture que nous appelons au travers de l’appel à communications et de conférences invitées. Collective :
- dans la multiplication des regards disciplinaires, qu’ils soient de sciences sociales et de sciences agronomiques autour de l’action : représentation et perception, pratique individuelle et collective ;
- dans la mise en perspective et l’analyse comparée de situations du Nord et du Sud. Loin de considérer ces mondes comme opposés, nous partons au contraire de l’idée qu’ils sont porteurs d’une compréhension – au-delà des implicites culturels, sociaux et économiques - de la diversité des régimes de sécurisation et d’adaptation, d’une diversité de rôles et de modalités d’interventions des institutions, de ce que recouvre le développement et la durabilité à l’échelle de territoires marqués par l’agriculture.
- dans les catégories vécues ou modélisées par les différents acteurs, producteurs et institutions, qui font co-exister une gestion séculaire et renouvelée des risques par les acteurs vs la recherche de la maîtrise institutionnelle des risques.
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- Réfléchir aux dimensions individuelles, collectives et institutionnelles de l’action en situation d’incertitude, dans l’optique de penser le changement en termes de résilience, de transitions, de recompositions dans les systèmes et des systèmes, en alternative à une vision alarmiste du risque, fondée sur la défense du statu quo et à une vision optimisatrice, qui ignorerait l’incertitude sur l’avenir, les aléas, la préservation de capacités d’adaptation et de sécurité, dans ses repères d’efficience cohérents avec le développement durable.
- Capitaliser les résultats tant pratiques que théoriques issus de recherches portant sur le monde agricole et les institutions de toutes natures en lien avec ce milieu, élargi aux enjeux du développement durable. Avec une mise en perspective par des travaux pluridisciplinaires, Nord / Sud et une ouverture sur d’autres milieux.
- Construire un réseau de recherche francophone sur l’action en situation d’incertitude dans les agricultures du monde.
Au travers des 3 séries de questions détaillées ci-dessous et dont on attend qu’elles permettent l’organisation des débats du colloque, nous visons à enrichir plusieurs registres de production de connaissances ainsi que de cadres d’analyse et d’évaluation :
- connaissance des modes d’action, qualification des propriétés adaptatives (ou de vulnérabilité) des systèmes et des acteurs, caractérisation des processus de transition, représentations du risque et de la sécurité, production de normes de prévention / adaptation / innovation,
- cadre d’analyse et d’évaluation : quels sont les rapports que les disciplines entretiennent avec la dynamique des systèmes, le long terme, les perturbations, les crises, les risques, les aléas, l’incertitude, les protections, l’adaptation ? Comment les sciences de la durabilité et les sciences de l’action rendent compte de la dynamique, des transformations et des transitions, des capacités d’adaptation et de résistance, des logiques d’action sur le long terme ? Quels concepts et démarches permettent de qualifier le rapport, individuel et collectif, à l’incertitude, aux risques ? Comment qualifier et évaluer les propriétés des systèmes agricoles, leur vulnérabilité ou capacité à s’adapter (résilience, flexibilité, régulations…) ? Quels indicateurs pourraient en rendre compte ?
A - Les institutions face à l’incertitude
Comment les formes d’institutions évoluent-elles en situation d’incertitude ? Quelles sont les formes et les cibles de stabilisation (organisations de collectifs, accords commerciaux, systèmes d’activités, etc…) que les institutions tendent à promouvoir aujourd’hui ? Quels cadres d’action se donnent-elles, et quels en sont les effets sur les dynamiques agricoles et sur les territoires ? Comment contribuent-elles à préserver des marges de manœuvre, d’adaptation et d’innovation dans les systèmes agricoles (systèmes d’information, action collective) ?
Il s’agit ici de discuter comment les principes et les indicateurs correspondant à un développement durable intègrent les impératifs, l’ambition de « durer » sur le moyen et long terme des acteurs, notamment agricoles, des territoires ? Où sont les contradictions, les synergies ? Les systèmes « durables » contribuent-ils à réduire l’incertitude, à améliorer la résistance aux chocs, à gérer les transitions ?
En univers controversé, quelles sont les transformations des systèmes d’activités et les régimes de protection face aux risques qui contribuent à des objectifs de développement durable ? Réciproquement quelles politiques de développement durable contribuent à la sécurisation des systèmes d’activités (agricoles ou non) à un niveau territorial ?
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Les résumés seront sélectionnés pour leur pertinence à traiter un ou plusieurs des trois thèmes clés.